Sur le vif - Mardi 22.09.26 . 09.56h
Ségolène Royal, dont la campagne de 2007 avait été éblouissante, avant de se fracasser au second tour contre l’orléaniste Sarkozy, qui a dégradé la fonction présidentielle comme nul autre, est une personnalité profondément française. Elle respire la France.
Pas l’Ukraine. Pas « l’Europe ». La France !
Je n’analyse pas ici son degré exact de sociale-démocratie, par rapport à ses innombrables concurrents du même camp. Mais sa personne. Ségolène incarne la France. La France profonde. La vieille France, traditionnelle, rurale, celle du terroir, des collectivités locales, des clochers, des processions. La France que François Mitterrand, plus charnel (au sens de Péguy) que cérébral dans son rapport au pays, avait si bien comprise.
Bref, tout ce qu’il faut pour être détestée par la cohorte caviardée des européistes, des mondialistes, de son propre parti, ceux pour qui la dilution de la nation dans un conglomérat supérieur, un Saint-Empire européen, ne semble poser aucun problème.
En 2007, Ségolène, c’était la France. Sarkozy, c’était l’arrogance affairiste.
Alors, a-t-elle la moindre chance ? A la primaire des camarades, elle va se faire laminer. Le Tout-Paris de l’esturgeon roule pour le stagiaire. Son ex-mari, redoutable d’intelligence tactique, guette en embuscade. L’éternel rivalité de ces Dupondt ne manque ni de saveur, ni de piquant.
Nous verrons. Mais pour l’heure, rien que la voir fait du bien. Il y a vingt ans, en 2007, dans un édito, je l’avais appelée « la Madone des gradins ».
Sa candidature, inattendue, surgissante, passablement cinglée, détestée à l’interne par les mornes apparatchiks, décoiffe. Et ça fait du bien.
Pascal Décaillet