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La neige, le voile

 

Samedi 27.11.10 - 10.15h


Genève n’est jamais plus belle que sous la neige. Il n’y a plus ni lac, ni ciel, seulement ce blanc qui nous étreint. Ici et là, toit qui fume, passage de la mouette ou de la corneille noire. Il n’y a plus ni rade, ni lisière. Ni horizon, ni frontière.

 

En abolissant ce tableau pourtant si achevé des beaux jours, Salève, Jura, Voirons, Môle, Mont-Blanc, et jusqu’à l’Aiguille Verte, en voilant ce miracle du paysage genevois, celui des peintres et des photographes, en prenant congé de la lumière, le temps de neige nous invite à la contemplation du plus proche. L’horizon du visible, oui, une centaine de mètres, délivré de l’arrière-pays. Notre province à nous, l’éternité de notre quartier. Notre condition de passants. Lignes du tram, noires sur fond blanc, qui jamais ne se rejoignent.

 

Genève, sous la neige, demeure-t-elle Genève ? Réduite à l’anonymat du paysage d’hiver ? Ou plutôt, sublimée par le désir de ce qu’elle nous crypte ? Une affaire du voile. À l’horizon de la frontière abolie, il y aurait l’éternité blanche. Ou, simplement, la vie qui va.

 

Vers quels rivages ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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