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  • Ni Bruxelles, ni Washington !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Il va quand même falloir, sans trop tarder, recommencer à enseigner, dans les écoles, ce qu’est un pays, ce qu’est une nation. Comment ils se sont forgés, au fil de l’Histoire. La France. L’Allemagne. L’Italie. Etc. Avec toute la part de férocité, de sacrifices, de sang versé, pour être un jour reconnu comme crédible, sur une carte. Enfant, à l’école primaire, entre 1965 et 1969, là où j’étais, j’ai eu la chance immense d’avoir un enseignement de l’Histoire centré sur les batailles, les Traités, l’analyse glacée des rapports de pouvoir. Une approche cynique, lucide, ne laissant aucune place à la morale. Par exemple, la France étant à l’époque notre grand sujet d’étude, les longs siècles qu’il aura fallu au pouvoir royal, à Paris, pour s’imposer sur les grands féodaux provinciaux. A l’époque, on ne nous parlait pas droits de l’homme, ni d’ailleurs d’un quelconque droit. Mais je vous jure qu’on nous initiait à la lucidité critique la plus vive. On prenait des faits, on en analysait les causes et les conséquences. La tête froide. Un seul impératif : décrypter, comprendre. Bref, la méthode de l’historien grec Thucydide, il y a 25 siècles.

     

    La Suisse est un pays souverain. Minuscule, mais souverain. Elle doit à tout prix le demeurer. Là doit être notre but premier, le reste suit. Souveraineté, ça n’est pas repli. Au contraire, je plaide pour une ouverture, une amitié sincère et réelle avec tous les peuples du monde. La Suisse n’a pas d’ennemis, et n’a pas à en avoir, nous sommes trop petits pour nous payer ce luxe. Discutons, échangeons, commerçons, passionnons-nous pour les langues du monde, tiens celles de l’Orient compliqué par exemple. Entrons, par l’étude et l’ascèse, dans les manières de penser des autres, étudions et respectons leurs civilisations. Mais de grâce, n’entrons jamais dans un système où la Suisse devrait se subordonner à une autorité supérieure. Ni celle de Bruxelles, ni celle de Washington, ni aucune autre ! Sur ce point, nous devons être d’une radicale, d’une absolue intransigeance. La seule loi qui doit s’imposer, en Suisse, c’est la loi suisse, votée démocratiquement par le peuple, ou ses représentants. Aucune loi étrangère, aucun juge étranger, ne doit s’imposer sur sol suisse.

     

    La souveraineté. C’est son absolue nécessité qui doit être enseignée dans nos écoles, dès le primaire. Souveraineté politique. Agricole. Alimentaire. Industrielle. Médicale. Numérique. Pensez à notre totale subordination aux Etats-Unis d’Amérique, dans nos téléphones portables et nos ordinateurs. Ce sont eux qui fabriquent, eux qui programment, eux qui pensent les systèmes. Non seulement nous leur livrons nos données, mais nous sommes dépendants d’eux pour l’intendance. Ils peuvent, quand ils le veulent, couper l’alimentation, et nous rejeter dans l’âge de la pierre pré-informatique. Voilà l’une des souverainetés majeures que nous allons devoir rétablir. Il y en a pour des années. Retroussons-nous les manches. Défendons notre pays, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet

  • Israël - USA : le pacte des loups

     
     
    Sur le vif - Mardi 03.03.26 - 14.49h
     
     
     
    Le couple Israël - USA : le pire fauteur de guerres, de mort et de désolation, au Proche-Orient. Près de 80.000 morts à Gaza, en deux ans, sous les armes d'Israël, et avec la bénédiction de Washington. Et maintenant, une opération totalement illégale, non-acceptée par le Congrès américain, peu soutenue par l'opinion publique de ce pays, menée sans l'aval de l'ONU. MM Trump et Netanyahu attaquent où ils veulent, quand ils veulent, ils ne sont même pas le shérif, ils sont la bande, ils sont la meute.
     
    Face à cette arrogance, ce cynisme, cette soif de semer la mort autour d'eux, ce culot de se couvrir du paravent des droits humains, nous les Suisses, minuscule pays mais si riche de sa rigueur tranquille, nous devons, à notre modeste niveau, montrer de la grandeur. Nous désintoxiquer de huit décennies d'obédience à l'impérialisme américain. Dire à Israël, sans haine, sans nous énerver, sans remettre en cause notre reconnaissance de leur pays, que nous ne pouvons plus supporter le gouvernement de M. Netanyahu. Nous ne mettons pas en cause Israël. Nous condamnons, de toutes nos forces, la violence coloniale envers le peuple palestinien. Nous condamnons la loi de la jungle. Nous condamnons ce pacte des loups entre les meutes les plus extrêmes de Jérusalem et celles de Washington.
     
    Ce que j'énonce ici, vous ne l'entendrez jamais de M. Cassis. Ni du Conseil fédéral. Ni du Parlement, à majorité libérale et atlantiste. Ni de nos éditorialistes, alignés derrière la prétendue sanctification idéologique de cette nouvelle aventure militaire contre un pays du Moyen-Orient. Soyons clairs : Washington veut le pétrole et les ressources naturelles de l'Iran. Jérusalem veut affaiblir durablement, pour quelques générations, son principal ennemi dans la région. Le reste, droits de l'homme, droits des femmes, toutes causes certes hautement estimables, aux yeux de ces meutes de loups, c'est du pipeau.
     
    Ce que j'énonce ici, comme citoyen de ce pays, né Suisse, en Suisse, il y a plus de six décennies, ayant servi le pays près de 500 jours sous les drapeaux, et 40 ans comme journaliste passionné de faire connaître les enjeux citoyens, c'est l'absolue nécessité, pour la Suisse, de s'exprimer, autrement que par des fadaises, style "appel à la retenue". La Suisse doit appeler à une solution politique. Elle doit clairement condamner l'opération en cours. Elle doit le dire sans ambiguïté à Washington et à Jérusalem.
     
    Et puis, la Suisse doit avoir, comme au temps du grand diplomate Édouard Brunner, sa propre politique arabe et persane. Cette politique ne doit en rien être tributaire de la Croisade des pires faucons américains et israéliens. Elle doit être la politique de la Suisse, ouverte au monde, instruite et compétente sur l'Orient compliqué, au parfum des langues, des religions, des courants antagonistes, des traditions littéraires, des civilisations du Proche et du Moyen-Orient.
     
    Cette posture, qui est celle de la connaissance, exige de l'éveil. Elle ne pourra donc nullement s'exercer tant que M. Cassis, le Dormeur du Val, continuera de faire le mort, dans son trou de verdure.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Ca fait peu, ça frise le néant

     
     
    Sur le vif - Lundi 02.03.26 - 16.04h
     
     
    Depuis le printemps 2003, dans l'espace éditorial de Suisse romande, strictement rien n'a changé. Par le moindre iota. Rien.
     
    Il y a 23 ans, au moment de l'attaque de George Bush Junior sur l'Irak, suivi par son majordome Tony Blair, je publiais, dans la Revue jésuite Choisir, un long édito, intitulé "Ma Colère". Quelques confrères et consœurs, en Suisse romande, dont Myret Zaki, osaient un regard très critique sur cette aventure militaire yankee, dont on connaît la suite : l'Irak, pour des générations, lacérée, entre ethnies et factions rivales. Et un nombre hallucinant de morts.
     
    Nous étions quelques-uns, oui. Mais la masse des commentateurs romands, à commencer par les rédacteurs en chefs, soutenait cette intervention. On allait nous débarrasser d'un régime abominable. Le bonheur, sauce occidentale, avec ketchup et coca, allait imprégner la vieille civilisation babylonienne. Reprenez la presse de l'époque, plus on montait dans les hiérarchies des rédactions, en ces temps ultra-libéraux et ultra-atlantistes, plus le soutien à l'Oncle Sam était affirmé.
     
    23 ans après, rien n'a changé. Quelques francs-tireurs osent. Mais la fine fleur éditoriale de la presse romande s'aligne. Elle s'aligne sur qui ? Mais sur le puissant, pardi, comme elle l'a toujours fait ! Ne s'est-elle pas tue, dans son écrasante majorité, lors des deux ans de massacre à Gaza ? N'a-t-elle pas fermé les yeux sur les actes de M. Netanyahu ? N'a-t-elle pas, au fond, toujours pris le parti du colon contre le colonisé, de la puissance économique occidentale, du complexe militaro-industriel américain, contre d'autres forces, d'autres modèles, en ce monde ?
     
    Les beaux esprits de ce coin de pays, qui est le mien, me désespèrent. A quelques exceptions près, dont Jacques Pilet, et un ou deux autres, ils ne sont ni beaux, ni spirituels. Ca fait peu. Ca frise le néant.
     
     
    Pascal Décaillet