Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.04.26
Le discours anti-Islam, en Suisse, ne tombe pas du ciel. Il procède d’une construction intellectuelle, préméditée, visant à propager l’idée que les civilisations ne peuvent pas se mêler. Que les valeurs de l’Islam seraient incompatibles avec celles de la société suisse.
Si, au lieu d’Islam, on parle d’islamisme, système visant à établir sous nos latitudes la charia à la place de nos lois, voire une théocratie à la place de notre démocratie, alors oui, 100% d’accord : l'islamisme, nous devons le combattre.
Mais l’Islam n’est pas l’islamisme. Pas plus que le christianisme ne se résume à l’Inquisition. L’Islam est, dans tous ses composantes, l’un des grands courants spirituels de ce monde. Au même titre que le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme, et tant d’autres. Tous ces courants méritent, tout au moins, d’être étudiés. En profondeur, et avec respect pour nos frères humains qui les pratiquent.
Etudier, cela ne signifie pas adhérer. Libre à chacun d’embrasser la religion de son choix, ou aucune, croire ou ne pas croire. Telle est notre devise républicaine. Elle est la seule qui vaille. Elle garantit le respect mutuel, et invite à pratiquer ses cultes dans la sphère privée. La sphère publique, qui s’impose à tous, ce sont nos lois, notre République.
L’Islam n’est pas l’islamisme. Et les apprentis-sorciers, qui jouent avec sa diabolisation, le savent très bien. D’autant plus grave est leur manipulation. Coupable. Préméditée. Mortifère.
Pascal Décaillet