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  • Sauver le dialogue social en Suisse

     

    Sur le vif - Dimanche 06.11.16 - 12.00h

     

    Voilà bien longtemps que la majorité des ouvriers suisses ne votent plus à gauche. Ils ont émigré vers d'autres sphères politiques. Dès lors, pourquoi doivent-ils, par obligation, s'affilier à des syndicats noyautés par la gauche ?

     

    Il y a quelque chose qui ne va pas. Oui, une réflexion s'impose sur la constitution, ces prochaines décennies, de nouvelles formes de syndicats en Suisse.

     

    De même, symétriquement, il faut envisager de nouvelles associations professionnelles représentant le petit patronat, dégagées de l'emprise de l'idéologie libérale et libre-échangiste.

     

    Libérer le syndicalisme ouvrier de l'internationalisme de gauche. Libérer les associations patronales de l'internationalisme libéral-libertaire de la droite de l'Argent. Celle qui s'agenouille devant les États-Unis dans la négociation d'accords commerciaux unilatéralement dictés par ces derniers.

     

    Entre ces deux dérives, construire un dialogue social national, dans la grande tradition suisse, celle des accords de 1937, où sont mis en valeur le respect du travail, le partage des connaissances, la transmission des valeurs et du savoir-faire, la formation duale, le dialogue pragmatique. Autour de la seule chose qui prime : l'amour commun du métier.

     

    Pour y parvenir, il faut que d'autres univers politiques que la gauche internationaliste (d'un côté) ou les libéraux libre-échangistes (de l'autre) commencent à s'investir sérieusement dans les associations professionnelles, en Suisse. Ce travail de conquête et d'ancrage sera difficile, prendra des années. Mais il est indispensable.

     

    Ce chantier est prioritaire. Pour le maintien du corps social en Suisse, l'un des précieux équilibres qui fondent le secret de la réussite de notre pays.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

  • Pour de nouveaux syndicats en Suisse

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    Commentaire publié dans GHI - 02.11.16

     

    Nous avons tout de même, en Suisse, des syndicats extraordinaires. Alors que toute l’opinion publique évolue à grands pas vers les notions de protection des frontières, de régulation des flux migratoires, de soutien prioritaire aux travailleurs indigènes, voire nationaux, nos bonnes centrales syndicales se cramponnent au principe de libre circulation. Devenant ainsi les alliés objectifs du courant libéral, voire ultra, celui du grand patronat de notre pays, principal bénéficiaire (mais modeste redistributeur) des bénéfices de l’ouverture des frontières.

     

    Par pure idéologie, celle d’un internationalisme sans bornes, ni limites, ni nations, les syndicats apportent leur soutien à un système où le vent de la mondialisation fait déferler une concurrence externe de nature à précariser encore les plus faibles de notre pays. Défendent-ils encore les travailleurs suisses ?

     

    Il est temps, surtout, de réfléchir en Suisse à l’avènement d’autres syndicats. En revenant à l’excellent principe de corporations professionnelles, ancrées dans le système même de la communauté nationale, et non comme ailes locales d’une Internationale de type trotskyste, prônant la Révolution universelle, planétaire, le Grand Soir arraché à l’archaïsme des nations. Oui, il faut en Suisse des organisations professionnelles délivrées du cordon ombilical avec la gauche. Du moins, de cette gauche-là, internationaliste, déracinée. Partis de droite, mais attachés au pays, au travail ! Le défi est passionnant.

     

    PaD

     

  • La chanson douce du Parlement britannique

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    Sur le vif - Jeudi 03.11.16 - 12.40h

     

    La toute dernière péripétie de l'après-Brexit, à Londres, est un magnifique exemple du fossé grandissant, dans nos pays d'Europe, entre suffrage universel (lorsqu'on veut bien lui donner la parole) et "démocratie représentative", un système que les Anglais ont d'ailleurs inventé, bien avant la Révolution française.

     

    Je dis et écris souvent que le temps des Parlements, né avec les Lumières, formidables outils de contestation de l'absolutisme en ces temps-là, acteurs majeurs de la Révolution française, puis des événements de 1848, dans toute l'Europe, ce temps n'est pas éternel.

     

    Avec la prodigieuse évolution des techniques, le partage des connaissances, la mise en réseau du savoir, il ne sera peut-être plus nécessaire, d'ici un ou deux siècles, de confier le pouvoir à des "représentants". Entendez des gens qu'on élit, suite à des campagnes électorales, et qu'on envoie, pour quatre ou cinq ans, siéger, quelques sessions par an, dans une lointaine capitale. Ce système avait tout son sens au temps des lampes à huile, des diligences et de l'analphabétisme.

     

    Mais à l'époque des réseaux du savoir, de la montée des connaissances communes, il n'est pas déraisonnable d'imaginer, pour les génération à venir, un autre mode, plus participatif par le suffrage universel, de la prise de décision politique. Oh, il y aura toujours des Parlements. Pour fabriquer techniquement les lois, se disputer sur les virgules. Mais la décision politique suprême devrait être prise par le corps le plus élargi possible des citoyennes et citoyens.

     

    A cet égard, il n'est pas sans saveur que la première grande crise institutionnelle entre suffrage universel, exécutif et législatif provienne du Royaume-Uni. Ce pays qui, avant les autres, nous a légué la démocratie représentative. Cette dernière, en deux siècles et demi, n'a pas à rougir de tout ce qu'elle a apporté à nos pays d'Europe. Mais elle a vieilli. Elle n'a pas voulu voir venir l'émergence du suffrage universel. Du coup, et jusqu'en Suisse, pays où nous avons pourtant tellement l'habitude des décisions populaires, elle donne l'impression de se boucher le nez lorsque, d'en bas, on décide dans un sens qui ne lui convient pas. Elle a tort, évidemment. Elle se défend elle-même, comme un ultime bastion, une sorte de Fort Alamo de la légitimité.

     

    Elle a tort, tort, et tort. Car sa légitimité même, à elle, ne provient de nul autre que, justement, du suffrage universel.

     

    Pascal Décaillet