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La Cisjordanie, vous connaissez ?

 
 
Sur le vif - Mardi 24.03.26 - 15.53h
 
 
 
L'ampleur massive des deux ans de massacres à Gaza, puis aujourd'hui des guerres en Iran et au Liban, avec leurs milliers de morts, leurs centaines de milliers d'humains déplacés, comme des troupeaux errants, au gré des bombes, toute cette horreur ne doit pas faire oublier ce qui se passe en Cisjordanie. C'est moins global, moins perceptible au premier coup d'oeil. C'est plus dispersé, plus caché, plus pervers.
 
La guerre, c'est aussi cela : créer des situations de leurre, braquer les projecteurs sur un événement, pour mieux en dissimuler une série d'autres. Lisez, chez Xénophon, Thucydide, puis plus tard Plutarque, les récits des guerres antiques : les plus grandes batailles sont truffées de ce mécanisme de ruse. Vieux comme le monde.
 
Occupée depuis la Guerre des Six jours, ainsi que Gaza et Jérusalem-Est, puis administrée en "Territoires" depuis les grands Accords des années 1990 (les années d'espoir, tant regrettées), la Cisjordanie n'en peut plus de subir les attaques, les exactions, les humiliations des colons israéliens. Le gouvernement Netanyahu ferme les yeux. D'aucuns, dans ses rangs et ses alliés, encouragent même ces procédés.
 
Il faut être allé sur place pour se faire une idée de la situation. Ce qu'on appelle "colonie", ce sont parfois juste des drapeaux israéliens, affichés en pure provocation aux fenêtres d'immeubles palestiniens. Ce colonialisme-là, présent dès 1948 (et même plusieurs décennies en amont !), exacerbé depuis juin 1967, s'exerce aujourd'hui, à l'heure où j'écris ces lignes, avec toute la malignité mortifère de ceux qui profitent de l'attention mondiale sur d'autres théâtres d'opérations (Iran, Liban) pour se livrer à leur travail de sape. Il s'agit de marquer le territoire, humilier les Palestiniens, et au fond les forcer à l'exil.
 
Cela, au moment précis où le ministre israélien des Finances avance la lumineuse idée d'un Sud-Liban annexé par Israël. Il va plus loin que les pire faucons de l'opération "Paix en Galilée", en 1982.
 
Tout cela, dans l'indifférence du monde. Les chaînes en continu, dont la plupart sont inféodées à MM Trump et Netanyahu, mettent la lumière ailleurs. Et maintiennent dans l'ombre ce qui se passe en Cisjordanie, et qui nous dessine le pire visage du colonialisme.
 
 
Pascal Décaillet

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