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Sauver Musa

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 10.05.10

 

Jeudi dernier, 13 heures, Brasseries des Tours, Carouge. Autour d’Alain Morisod, plusieurs personnalités s’activent pour faire connaître aux passants le cas de Musa Selimi, de son épouse Nazife et de leurs deux enfants. Musa, 40 ans, employé modèle dans l’une des plus célèbres pizzerias des Eaux-Vives, en Suisse depuis 20 ans, parfaitement francophone, enfants intégrés à l’école, doit quitter notre pays le 5 juillet. Expulsion.

 

Il y a sûrement mille raisons valables pour appliquer la loi dans toute sa rigueur. Musa est sans papiers, il y a des normes, il faut les respecter, tout cela est vrai. Seulement voilà, Musa ne doit pas partir. Parce que le départ de cet homme-là, qui a passé la moitié de sa vie dans notre pays, au point qu’il est aujourd’hui d’ici plus que de là-bas (Kosovo), qu’il y travaille à satisfaction de tous, constituerait un signal dévastateur. Des gens à renvoyer, qui sont venus chez nous pour voler ou trafiquer de la drogue, il y en a hélas, tout le monde le sait. Mais, désolé, pas Musa.

 

Il ne s’agit pas ici de réclamer une régularisation générale. Mais de plaider pour la finesse et l’intelligence du « cas par cas ». Musa Selimi a chez nous un emploi, une dignité et une reconnaissance professionnelles, une famille, des enfants à l’école. Le renvoyer serait une honte. Je n’ai pas dit une erreur. Mais bel et bien une honte.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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