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Liberté - Page 1438

  • La rose, les voyous, les voyelles

     

    Sur le vif - Mercredi 16.02.11 - 11.27h

     

    A cours d’électeurs, à cours d’idées, le parti socialiste genevois ne sait plus quoi inventer pour se rendre intéressant. Dernière incongruité : il adresse au Conseil d’Etat une « lettre ouverte » suggérant que Mark Muller démissionne, non du collège, mais de son rôle de président. Histoire, ajoute perfidement la missive, de le « décharger ». Ils sont gentils, les socialistes, de penser à la « charge » de M. Muller.

     

    On pourrait pérorer sur le fond, la grisâtre tiédeur de cette demi-mesure. Mais la forme ! Depuis quand, en République, un parti gouvernemental (je crois savoir que M. Beer siège au Conseil d’Etat) adresse-t-il des lettres ouvertes au gouvernement ? Le parti socialiste dispose d’un groupe parlementaire, certes au régime. Il peut poser des questions, interpeller, rédiger des résolutions, des postulats, des motions. L’organon de la démocratie parlementaire.

     

    Les « lettres ouvertes », je croyais cela réservé aux « gueux » de la marge non-gouvernementale. En cette espèce comme dans d’autres, voilà donc le parti socialiste n’ayant plus d’autres expédients que d’imiter l’original. Un peu comme un enfant trop sage s’essayant, les parents s’étant absentés, à jouer au voyou. Ou une consonne, dans l’encre de la nuit, se rêvant en voyelle.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

  • Label Aellen

     

    Sur le vif - Mardi 15.02.11 - 16.12h

     

    Un conseiller d’Etat face à la tempête. Certains des siens qui cherchent à lui nuire. Des fuites qui pour une fois pourraient bien ne par surgir des sources habituelles. A Vernier, la chevauchée fantastique d’un libéral faisant alliance avec la gauche. Les temps, vous l’aurez noté, sont un peu difficiles pour les libéraux genevois.

     

    Dans ce maelström, un homme garde la tête froide. Cyril Aellen, le jeune président du parti, ne se laisse pas démonter par les quarantièmes rugissants. D’autres, déjà, auraient cédé. Lui, analyse, soupèse, décide. Au besoin, corrige. Exactement son rôle.

     

    A l’heure où, dans les exécutifs – ou les prétentions à certains exécutifs – les libéraux n’ont pas toujours opéré les choix les plus performants, à l’heure où resurgissent les vieux clans et les plus venimeuses des chapelles, un homme surnage avec talent. Un tempérament politique est né. Il aura sans doute, dans l’avenir, l’occasion de rendre des services signalés.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Il n’y a plus rien

     

    Sur le vif - Lundi 14.02.11 - 17.39h

     

    On savait le PDC ouvert à tous les vents, mais là, avec son nouveau label « PDC Ecologie », à Genève, c’est maintenant l’œcuménisme comme aucun Concile, fût-il le plus en pointe, n’eût osé le rêver. Avancer que ce parti ratisse large, c’est faire insulte à la Grande Faucheuse. Et dire que j’entends encore son candidat à l’exécutif de la Ville de Genève (que mille Vierges l’attendent en Paradis) prôner frénétiquement l’extase par les parkings. Le Bolchoï peut se rhabiller : le record universel du grand écart est atteint.

     

    Il y avait déjà les Verts. Noble parti, riches personnalités. Puis, les Verts libéraux. Puis, Génération Ecologie. Voici maintenant PDC Ecologie. Heureuse humanité, où tout le monde est un peu vert, un peu orange, un peu rose, tout le monde est tout, tout le monde n’est rien. Les sons et les parfums décidément, ne tournent plus dans l’air du soir, on en perd son latin, plus rien ne se décline, il n’y a plus ni supin, ni sapin. Et comme le disait si bien Léo Ferré, dans l’un des plus beaux récitatifs, il n’y a plus rien.

     

    Pascal Décaillet