Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté - Page 1270

  • Cingria : « Un exercice humain et savant de la vie »

    cingria_550_625.jpg

    Vendredi 17.02.12 - 15.31h

     

    Les deux bébés sont sous mes yeux : vivants ! Ces deux livres tant attendus, depuis tant d'années : la partie « Récits » des Œuvres complètes de Charles-Albert Cingria, aux Editions L'Âge d'Homme. En tout, plus de deux mille pages. Et ce ne sont que les « Récits ». Restent les « Essais » et les « Propos ». J'y reviendrai largement, dans les mois qui viennent, charge à moi de m'y plonger, ce que je compte faire au plus tard cet été, sur une colline d'Italie.

     

    Mais je voulais juste, là, signaler le bonheur d'avoir enfin ces ouvrages au bout des doigts. Surtout, notre reconnaissance de lecteurs aux bourreaux de travail qui ont permis que ce fût un jour possible : Alain Corbellari, Maryke de Courten, Pierre-Marie Joris, Marie-Thérèse Lathion, Daniel Maggetti, et beaucoup d'autres.

     

    A feuilleter cette somme, on retrouve, enfin réunis (dans une autre logique que l'édition en douze volumes de Pierre-Olivier Walzer, déjà chez  L'Âge d'Homme, de 1967 à 1981), tous ces textes disparates qu'on a chez soi, de « Bois sec Bois vert » aux « Florides helvètes », en passant par « Le Bey de Pergame », « Brumaire savoisien », « Le Parcours du Haut Rhône ». Mais avant tout, quantité d'inédits et « d'Ateliers » : « Feuillets épars, notes, textes incomplets, souvent très travaillés et laissés là en attendant un moment plus propice ; certains, lacunaires, paraissent être rescapés d'un naufrage, d'une catastrophe ou d'un accident » (Doris Jakubec). L'appareil critique est somptueux.

     

    Grâce à mon ami Pierre-Marie Joris, médiéviste et maître de conférences à l'Université de Poitiers, qui s'est immergé comme peu d'humains dans la troublante immensité de cette œuvre, j'ai pu éprouver, par la passion de ses témoignages, dans la dernière décennie, la part d'aventure et de défi de ce travail éditorial. Toute sa vie (1883-1954), Cingria n'a cessé de jeter sur le papier textes, notes de musique, dessins, chroniques, remarques éparses. Tout cela, il a fallu lui donner un sens. En refusant  l'ordre chronologique de Pierre-Olivier Walzer au profit d'autre chose. De quoi ? Eh bien, pour le seul ordre des « Récits », l'équipe éditoriale a créé deux séries : « Itinéraires et lieux dits », et « Histoires et scènes », avec des déclinaisons  en fonction (Jakubec) « des modalités de rythmes, d'actions, d'impressions, de jeux ». Bref, on a classé en fonction de la petite musique des textes, et ce parti pris, plutôt nouveau, est extraordinairement intéressant : ni l'alphabet, ni le temps qui passe, juste les crus en fonction des saveurs. Il fallait pour cela, chez chacun des éditeurs, une connaissance de l'œuvre - on dirait presque « par cépages » - d'une étonnante intimité. Un classement à partir de l'œuvre elle-même, la structure de ses goûts, terroir par terroir.

     

    Reste l'essentiel. Lire Cingria. Exercice d'apnée. Mer Rouge. Ce double volume, oui, avec la richesse de son apparat critique, la variété des inédits, le nouveau regard éditorial jeté sur l'un de nos plus grands écrivains romands, génial chroniqueur, sera ouvreur de portes, aiguiseur d'envies, jalonneur de connaissances. Deux livres, en ce début d'année 2012, qui constituent une étape majeure dans l'Histoire des lettres romandes.

     

    Pascal Décaillet

     

    *** Charles-Albert Cingria, Œuvres complètes, Récits, Editions L'Âge d'Homme, Collection Caryatides, deux volumes, 2011.

     

     

  • Inforoute - Bouchons vers Damas

     

    Sur le vif - Vendredi 17.02.12 - 10.02h

     

    Après le glacial et arrogant ministre des Affaires sociales, après le bouillant Bernard Gruson, c'est aujourd'hui le rusé matou Pierre-François Unger qui annonce publiquement sa conversion à la préférence cantonale. Décidément, il est bien encombré, aux abords du poste-frontière, le chemin de Damas.



    Pascal Décaillet

     

     

  • La Croix, le Coeur, l'empoignade virile

    Chappaz-Maurice-Les-Maquereaux-Des-Cimes-Blanches-Livre-856664938_ML.jpg

    Sur le vif - Jeudi 16.02.12 - 18.15h

    Dans quelques minutes, à la RSR: Franz Weber contre Jean-Marie Fournier! Comment ne pas se souvenir de "l'empoignade virile", au milieu des années 70, à la Croix-de-Coeur, entre le même Franz Weber et Rodolphe Tissières? C'était au sujet de l'altiport. C'était à peu près l'époque où Chappaz publiait, dans la Collection Jaune Soufre de Bertil Galland, les sublimes "Maquereaux des Cimes blanches". Le débat, plusieurs décennies après, n'a pas changé. Il demeure l'un des champs de tension majeurs du Valais moderne, entre respect de la nature, du patrimoine, et nécessité du développement économique.



    Pascal Décaillet