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Sur le vif - Page 956

  • Au diable les conférences de presse !

     

    Sur le vif - Vendredi 23.11.12 - 17.53h

     

    Prendre des notes face à trois types coincés en cravate qui nous débitent leurs salades, j'ai fait ça des années à Genève, dans ma jeunesse, oh des centaines, à l'époque du Journal de Genève, puis des années au Palais fédéral lorsque j'étais correspondant parlementaire, et il est vrai qu'aujourd'hui, je n'y vais plus.



    Les journalistes doivent vraiment s'interroger sur le phénomène de la "conférence de presse". Il s'agit toujours d'un acte de pouvoir. Le pouvoir qui se montre. Le pouvoir qui se met en scène. Des ministres qui se détestent font semblant, côte à côte, de s'adorer, juste parce qu'ils ont un intérêt commun, sur un coup précis, à faire passer.


    La plupart des conférences de presse n'ont pas lieu d'être. Le pouvoir élabore des communiqués, et souvent d'excellents résumés des communiqués. Quel intérêt de photographier trois conseillers d'Etat, ou deux, ou sept, côte à côte, sous les lambris d'une salle, toujours la même, dans un lieu patricien et encaustiqué, à l'Hôtel de Ville de Genève, au Palais fédéral, au Château de Neuchâtel, à Lausanne, Delémont, Fribourg ou Sion?



    Je suis contre le journalisme de conférences de presse. Que le pouvoir les organise, c'est son problème. Que la profession s'y précipite pour avoir, souvent, les mêmes informations qu'en lisant le communiqué, je vois moins l'intérêt. Je suis contre le journalisme d'agenda. Je suis pour aller chercher les informations par soi-même, sur des sujets, ou en tout cas sous des angles, par nous-mêmes décidés. Et non dictés par le calendrier du pouvoir.



    Les journalistes n'ont pas être les porte-parole du pouvoir. Il existe pour cela les attachés de presse, profession totalement respectable, où se trouvent d'ailleurs nombre de mes anciens collègues. Mais aller à une CP, revenir en rédaction et se contenter de rapporter ce qu'a dit le pouvoir, sans lecture critique, sans distance de mise en question, je ne suis pas d'accord.



    Il existe pour cela la Feuille d'Avis Officielle. Le problème, ça n'est pas elle. Hommage à cette auguste publication. Le problème, c'est lorsque des journaux privés, indépendants, font figure de Feuille d'Avis Officielle. Telle n'est pas la mission de ce métier.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Grand Conseil : la comédie des invalidations

     

    Sur le vif - Samedi 17.11.12 - 11.17h

     

    Citoyens de ce canton, chacun d'entre nous est libre de penser ce qu'il veut de l'initiative 150, du parti socialiste, sur les multinationales et les emplois. Et justement, parce que nous sommes une République de citoyens libres, adultes et responsables, c'est à nous, au corps électoral tout entier, au "Conseil général", de nous déterminer sur ce texte, qui a obtenu les signatures.

     

    Au niveau cantonal, comme à celui de la Confédération, ces histoires d'invalidations par des parlements sont totalement détestables. Une initiative est une affaire entre les initiants et le peuple. Elle ne devrait, en saine démocratie, pas regarder le parlement. C'est justement parce que les corps intermédiaires écoutent mal le peuple, que le peuple réagit, de la base, avec cette chance exceptionnelle dont nous disposons en Suisse, la démocratie directe.

     

    En invalidant un texte, les élus, feignant de prendre une décision juridique, prennent toujours une décision politique. De quoi a eu peur, hier, la majorité de droite du Grand Conseil ? Du peuple ? Sur un texte ayant obtenu les signatures nécessaires, on confisque au corps des citoyens le droit de se prononcer. Décision certes légale, mais de nature à accroître encore le fossé entre la population et la caste parlementaire. Il conviendra, lors du renouvellement des autorités, dans moins d'un an, de s'en souvenir.

     

    Pascal Décaillet

  • Prosternés devant l'icône

     

    Sur le vif - Jeudi 08.11.12 - 10.06h

     

    L'incroyable pommade passée à Obama, ce matin, par une grande partie des éditorialistes de Suisse romande, donne le sentiment d'une presse suisse totalement au service de l'idéologie des démocrates américains. On nous refait, comme une piqûre de rappel, le coup d'il y a quatre ans. Même ceux, parmi ces éditorialistes, qui s'étaient montrés, à très juste titre, désenchantés face au mandat d'Obama, retombent dans les mêmes transes. Jusqu'à ce titre ignoble du Temps, jugeant le Parti Républicain "trop blanc, trop vieux, trop masculin". Ignominie, oui, d'un racisme à l'envers, d'un rejet des anciens, et d'une mise à l'écart de l'un des deux sexes.

     

    Tout cela n'est qu'effet de mode. Justement l'effet voulu par la propagande géniale pro-Obama: la création d'une icône. Le mythe du progrès et du changement. Les quatre années qui viennent de s'écouler ont exactement prouvé le contraire. Mais se remonter un immense bateau, comme on replonge dans une vieille drogue, ça fallait tellement de bien.

     
     
    Pascal Décaillet