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  • Réseaux sociaux : parions sur l'intelligence !

     

    Publié sur mon site FB - Vendredi 04.01.19 - 05.13h

     

    Dans la revendication des Gilets jaunes comme dans la construction de la connaissance partagée sur un réseau social, il y a un refus du mandarinat.

     

    Il ne s'agit en aucun cas d'un rejet de la compétence, ni de l'excellence. D'ailleurs, nombre d'entre nous, ici même, ont plaisir à partager telle interprétation inoubliable d'un trio de Brahms, tel poème, telle pensée, telle œuvre picturale capable de nous arracher l'âme. Preuve que le réseau, au milieu d'autres formes d'échanges, sait reconnaître et promouvoir l'exception qualitative offerte par d'autres humains.

     

    Mais il s'agit d'un refus du mandarinat des corps intermédiaires. Dans ce qu'ils ont, depuis toujours, de plus odieux : la confiscation.

     

    Confiscation du débat politique au corps des citoyennes et citoyens. Confiscation de l'œuvre d'art aux non-initiés. Confiscation de la langue et du langage par une caste accédant seule à un sabir.

     

    Je l'ai dit, je le répète : il faudra du temps, mais une fois expurgé de son bavardage originel, le réseau social deviendra un instrument redoutable de partage des connaissances, de construction horizontale de l'intelligence collective. Un outil d'émancipation, contre les clercs, par les hommes et les femmes de bonne volonté, désireux de s'instruire.

     

    Jouons le jeu : parions sur l'intelligence des humains !

     

    Pascal Décaillet

     

  • L'Europe, "avec choeurs" !

     

    Sur le vif - Jeudi 03.01.19 - 06.05h

     

    Vous voulez faire l'Europe ? Commencez par apprendre les langues continentales européennes !

     

    L'allemand. L'italien. Le grec. Le russe. Imprégnons-nous de nos millénaires d'Histoire et de culture. Enthousiasmons-nous pour notre continent ! Visitons-le. Laissons venir à nous ses langues, ses musiques.

     

    Valorisons l'allemand, l'italien, dans nos écoles suisses. Valorisons le romanche, aux sonorités si belles, oui le romanche, langue nationale, partie intégrante de notre pays.

     

    N'ayons pas peur d'être Européens. Pas la machinerie technocratique de Bruxelles. Non : l'Europe des peuples ! L'Europe des langues. L'Europe des cultures. L'Europe de Bela Bartok, de Dvorak, de Grieg, de Sibelius. L'Europe des cœurs. L'Europe de Schiller et celle de Beethoven, réunies dans un Hymne, qui touche au sublime.

     

    Après 35 premières années plutôt réussies (1957-1992), l'Europe de Bruxelles nous a donné un dernier quart de siècle catastrophique : idéologie ultra-libérale, mépris des peuples et des nations, incapacité de régler la question balkanique, prédominance excessive de l'Allemagne, inexistence politique totale, inefficacité, primat de la technocratie.

     

    Cette Europe-là est un échec. Elle ne survivra pas au réveil des peuples. Il faudra, dans les générations qui viennent, construire autre chose. En partant de la souveraineté reconnue de chaque nation, et surtout pas en la gommant. En plaçant, au centre de tout, les valeurs humanistes de l'éducation et de la connaissance partagée.

     

    Cette Europe-là ne viendra pas du sommet, mais de la base. Elle ne procédera pas d'un modèle unique, mais d'une reconnaissance des pluralités. Elle sera une Europe des cœurs, plutôt qu'une construction cérébrale. Une Europe des langues continentales, plutôt que de l'uniformisation par l'anglais. Une Europe de l'exigence culturelle, qui placera la connaissance et l'intelligence collective au plus haut niveau.

     

    L'Europe de Beethoven et de Schiller est devant nous. Elle est notre accomplissement, notre destin. Quand j'entends M. Juncker, je n'ai envie de rien. Quand j'écoute, pour la dix-millième fois, le final de la Neuvième Symphonie, "avec chœurs", alors mon âme bouleversée dit oui à l'Europe. À cette Europe-là.

     

    PaD

     

  • L'ONU, Moloch Technicolor de l'après-guerre

     

    Sur le vif - Mercredi 02.01.19 - 15.32h

     

    L'édifice multilatéral, tel qu'il a sécrété sa toile depuis les premiers mois de l'après-guerre (1945-1946), qu'a-t-il apporté de concret ? Les grandes organisations, comme l'ONU, furent-elles jamais capables d'empêcher la moindre guerre ? Ont-elles jamais réussi à limiter le pouvoir des puissants (au premier plan desquels, les États-Unis d'Amérique), à améliorer le sort des plus faibles ?

     

    Je ne parle pas ici de l'international humanitaire, comme le CICR, ni de l'international médical (OMS), ni de ce qui touche à la nature, à la météorologie (OMM), au monde du travail (BIT). Non, je parle bien de l'international politique : l'ONU, qui émerge juste après la Seconde Guerre mondiale, reprend la rengaine de la SDN, née au lendemain de la Première. Elle en cumule tous les défauts, l'arrogance planétaire, l'universalisme artificiel, et surtout l'implacable inefficacité. Combien de fois, sous couvert de l'ONU, des expéditions militaires furent, en réalité, des croisades des États-Unis ?

     

    Je ne parle pas ici, non plus, de l'international économique (OMC), ni financier (FMI), face auxquels des mot encore plus sévères - j'y reviendrai - s'imposent. Non, je me cantonne aux prétentions monstrueuses de l'international politique.

     

    La vérité, c'est que ces puissantes aspirations de gouvernance mondiale, nées des décombres de 1945, imprégnées d'un internationalisme béat, céleste, déraciné, se heurtent aux réalités : celles des nations, fruits de l'Histoire ; celles des peuples, qui aspirent à disposer d'eux-mêmes, chacun dans un périmètre proche et accessible, délimité par des horizons précis, protégé par des frontières, garantes des cohésions sociales à l'interne.

     

    Oui, le Moloch mondialiste de l'immédiat après-guerre, à vrai dire tellement américain, tellement Technicolor, tellement hollywoodien, tellement Pentecôtiste dans sa quête de l'avènement du dernier jour, bref cette immense toile onusienne, avec ses dépendances et sous-dépendances, tout cela se fracasse sur la vérité des hommes et des femmes qui, sur cette terre, veulent être citoyens et citoyennes. Ce qui passe par le stade de la nation. Celui de la proximité. Celui de la reconnaissance dans une mémoire collective, un fil narratif historique, une relation avec les morts, les ancêtres. Une projection commune sur l'avenir. De tout cela, le monstre multilatéral de l'après-guerre, ONU en tête, s'est montré parfaitement incapable.

     

    Pascal Décaillet