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Suzanne, Chérubin, la Comtesse : le désir demeuré désir

 
 
Sur le vif - Dimanche 15.03.26 - 16.20h
 
 
 
 
D'où vient le miracle des Noces de Figaro ? Depuis plus d'un demi-siècle, je réfléchis à cette question. En tentant de lui donner des réponses précises, qui tiennent au génie absolu de la composition musicale. La sublimation des voix féminines. La conjugaison de ces voix entre elles (duos, trios, etc.). L'effet d'écho, de démultiplication, que cela induit, comme un aiguisement permanent du désir.
 
La Comtesse (qui est pour moi le sommet absolu du personnage féminin, dans l'opéra, avec aussi la Maréchale, qui lui est empruntée, dans le Rosenkavalier, de Richard Strauss). Suzanne. Chérubin. Le sublime, et tellement bref, passage de Barberine, quand elle a perdu son objet : "L'ho perduta, me meschina".
 
Et puis, les fulgurances de composition, dans le mélange des ces voix avec celles des hommes : Figaro, le Comte, etc.
 
Tout cela, bien sûr, est présent dans tous les opéras de Mozart. Mais dans les Noces, il y a comme une permanence sans cesse renouvelée de la grâce. De la première à la dernière note, pas une seule seconde d'ennui. Ni de relâchement. Et même dans les récitatifs, on se surprend à se mettre en attente du prochain air, que l'on connaît par coeur. Les parties parlées, c'est juste pour nous placer en état de ré-excitation, pour la prochaine extase vocale.
 
Les Noces font penser à ce mot si beau, si juste, de René Char : le désir
demeuré désir.
 
 
Pascal Décaillet

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