Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Bienvenue en Maudétie !

louis_xiv_of_france_header.jpg?itok=Zle224pq&resize=1100x619 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.04.18

 

Réélu au premier tour ! Avec un résultat canon : 50'180 voix ! Creusant un écart géant avec le deuxième, Mauro Poggia (43'728) et le troisième, Serge Dal Busco (40'836). La victoire de Pierre Maudet, dimanche 15 avril, est évidemment sans appel. Elle détermine l’homme fort du futur gouvernement genevois, comme nos amis vaudois avaient, assez naturellement, déterminé Pascal Broulis, puis Pierre-Yves Maillard. Reste à savoir, justement, si le principe « d’homme fort » est bien conforme à nos traditions suisses, s’il est viable, en attendant la disgrâce, sur une longue période. Et surtout, s’il est souhaitable. Ces questions-là, et d’autres sur le risque de dérive autoritaire, doivent être posées dès maintenant. Et tant pis si ça froisse l’état de grâce, la passion inconditionnelle des groupies, et tous ceux qui se frottent les mains de voir advenir un Etat PLR, pour y prospérer, entre initiés.

 

Pierre Maudet, je l’ai dit maintes fois ici et ailleurs, est un surdoué de la politique. Intelligent, vif, rapide, malicieux, doté d’un sens aigu de la synthèse, il capte tout, très vite. En plus, en privé, l’homme ne manque pas d’humour, ni d’ailleurs de culture historique, ce qui en fait un interlocuteur très agréable. Mais toute médaille a son revers : très tôt dans sa carrière (que je suis depuis vingt ans), l’homme a compris que le pouvoir ne pouvait s’exercer à moitié. Il l’a compris pour sauver, avec François Longchamp, le parti radical de la déroute, puis conquérir les sièges, à tous les postes de la Ville et du Canton. Cette aptitude au pouvoir fort ne saurait, en soi, lui être reprochée, nous n’allons tout de même pas faire ici l’éloge des mous. Mais elle a ses effets collatéraux : volonté de tout contrôler jusqu’au détail, pratique du fusible jusqu’à l’extase électrique, relais dans la presse genevoise – et lausannoise – avec sa batterie de perroquets et de perruches, toujours prêts à s’extasier des faits et gestes du Prince.

 

L’essentiel, vous le voyez, n’est pas à reprocher à Pierre Maudet, qui connaît à fond les règles de la communication en temps de guerre, mais à l’incroyable obédience qu’il a réussi à susciter dans certaines rédactions. Le problème no 1 de la presse lémanique, aujourd’hui, n’est pas d’être de gauche, ni de droite, mais de s’aligner systématiquement sur les positions du PLR, à commencer par celles de Pierre Maudet. Notre vitalité démocratique à Genève passera, dans les cinq ans qui viennent, par un contre-pouvoir. Il ne s’agit évidemment pas de démolir tout ce qu’entreprendra le ministre, loin de là, mais de garder la tête froide, comme face à n’importe qui, sur le sens politique de ses actions. Et, bien sûr, de se refuser à tout culte de la personnalité, ni attraper des lumbagos à force de prosternations devant l’éclat solaire du souverain. S’il fait de bonnes choses pour Genève, nous le dirons. S’il abuse de son pouvoir pour établir, telle l’universelle araigne (Louis XI), ses réseaux tentaculaires au service de son seul pouvoir, nous le dirons aussi. Excellente législature à tous !

 

Pascal Décaillet

 

 

Les commentaires sont fermés.